« Regardant, on ne le voit pas, on le nomme l'Invisible ; écoutant, on ne l'entend pas, on le nomme l'Inaudible ; touchant, on ne le sent pas, on le nomme l'Impalpable. Ce que sont ces trois attributs, il est impossible de le préciser ; c'est pourquoi on les confond, car ils ne font qu'un. En haut, il n'est pas éclairé ; en bas, il n'est pas obscur. Il est éternel, éternel. Il est sans nom. Son origine est là où n'existe aucun être. On peut dire qu'il est forme sans forme, figure sans figure ; c'est l'Indéterminé. Allant à sa rencontre, on ne voit pas sa face ; le suivant, on ne voit pas son dos. C'est en observant l'antique Tao qu'on peut régler l'existence actuelle. Pouvoir connaître le commencement du passé, c'est tenir le fil du Tao. » (Lao Tseu - « Tao Te King, le Livre du Tao et de sa Vertu » ).

L'harmonie du corps et de l'esprit :


La pratique du Karate do est plus qu'un sport. C'est un Art, certes martial. Il apporte un équilibre, une harmonie entre le corps et l'esprit... « Les caractéristiques techniques du Shito ryu empruntent à la fois du Shuri-te et du Naha-te. Le style est marqué par la subtilité et la vitesse. Les techniques s'appuient sur la mobilité du bassin, sur les déplacements du corps et sur la déviation des attaques. Le style est généralement considéré comme très esthétique, tout en demeurant puissant. Un mouvement caractéristique est « Naï fanchi dachi », effectué avec le talon levé haut. Les katas de notre école sont nombreux. Maître Kenwa Mabuni en a transmis 49, dont 12 sont de Maître Kanryo Higahonna et de Chojun Miyagi, et 23 de Anko Itosu. Le Shito ryu insiste sur les positions naturelles du corps et sur un travail qui s'effectue mains ouvertes. Nous possédons également une culture de l'harmonie où la recherche s'étend à la fois sur le corps, sur la technique et sur l'esprit. On y trouve ainsi une unité de l'énergie, un équilibre qui harmonise le corps pour le maintenir en bonne santé. Il est d'ailleurs utile de rappeler que, dans le Shito ryu, chaque posture symbolise un trajet des méridiens pour améliorer les fonctions vitales. Mais le Shito ryu repose aussi sur la diversité et, en compétition, nous recherchons la notion d'espace, avec des déplacements bien spécifiques. Mais avant tout, j'aimerais insister sur le fait que c'est la continuité et le respect à la famille du Shito ryu qui sont d'abord fondamentaux à nos yeux. » (Hidetoshi NAKAHASHI)

Maître Mabuni Kenwa disait : « Mon aviron plonge dans l'écume. Au lointain, l'île des arts martiaux. Passionnément rien d'autre. »... Il a aussi écrit : « Dès son origine, le Karate est un art martial fait pour l'auto-défense. C'est ainsi que toutes les techniques que cet art martial transmet commencent par la défense, comme dans tous les katas. Cela ne veut pas dire que le pratiquant du Karate n'a pas de capacité offensive. Il l'a suffisamment, mais tout en ayant cette capacité, il procède en premier à la défense. Cependant, ce qui est le plus important est de dépasser ce stade de la pensée de la confrontation avec autrui pour faire, de cette force physique et interne, une leçon pour mieux mener son rapport avec d'autres personnes dans la vie sociale : savoir avant tout être conciliant avec d'autres. Le Kendo en est un bon exemple. C'est un art martial à part entière, mais son objectif n'est pas de combattre autrui, sa pratique sert à chacun pour s'autocontrôler. Tout pratiquant doit graver cela dans son esprit. Le Karate doit être considéré comme la technique qui permet de former la propre personnalité de chacun, pour notamment maîtriser son ego, tout en cultivant le sens de la modestie. Par contre, employer sa force physique dans le but de se montrer plus fort que d'autres ou pour une quelconque lutte est une voie fausse du Karate. D'ailleurs, nombreux sont ceux, parmi les pratiquants du Karate, qui font la démonstration de leur force en cassant des tuiles ou des planches de bois en public. Certes, forger le corps est important, mais il ne faut en aucun cas se comporter pour faire en sorte que la force physique devienne une menace pour autrui. Un tel comportement n'est nullement inscrit dans la voie du Karate. » (Cité par Maître Keneï Mabuni dans La voie de la main nue)